UMR 5133

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Laboratoire Archéorient

Environnements et sociétés de l'Orient ancien

Image oiseau MOM

COLIN Gaëtan

COLIN Gaëtan

COLIN Gaëtan
Catégorie
Doctorant
Coordonnées

Laboratoire Archéorient
Maison de l'Orient et de la Méditerranée 
7, rue Raulin, F-69365 Lyon cedex 07
E-mail : gaetan.colin[at]univ-lyon2[dot]fr

 

 

 

 

Directeur de thèse

Michel Rasse (Univ. Lyon 2, Archéorient)

Thèse en cours

Le géo-héritage du flottage du bois en Morvan : des modalités spatio-temporelles de contrôle environnemental à caractériser, un patrimoine à évaluer.

Résumé de la thèse

Ce projet de thèse se situe à la suite de travaux étudiant le legs du flottage du bois en Morvan, activité florissante entre le XVIe et le XIXe siècles. Il vise à analyser les conséquences des interactions socio-environnementales dominées par l’exploitation intensive des massifs boisés sur la trajectoire paysagère du haut bassin de l’Yonne. Il questionnera l’impact environnemental de cette activité pratiquée sur de nombreux cours d’eau européens dès l’Antiquité, et répond à une demande de la part des gestionnaires du PNR concernant la trajectoire du paysage du Morvan.

Contexte scientifique

A partir de la période industrielle, les activités extractives anciennes ont progressivement été remplacées par les procédés modernes d’exploitation des ressources naturelles et sont tombées dans l’oubli. Or, dès l’Antiquité ces activités ont été en mesure de marquer durablement les paysages en Europe (Cauuet, 2005).

Parmi ces activités, le flottage du bois permettait le transport d’un combustible indispensable avant l’utilisation de la houille. Ainsi, l’extraction et le transport des bûches via le réseau hydrographique nécessitaient l’aménagement – couloirs de débardage, étangs, barrages, enrochements des berges – et le contrôle des écoulements des hauts-bassins. Ces constructions et ces pratiques, en induisant des perturbations variées (hydrologiques, géomorphologiques et écologiques), ont entrainé de fortes pressions sur les milieux (Jacob-Rousseau, s.p.).

La trajectoire paysagère du massif du Morvan a ainsi été bouleversée par l’extraction de bois à partir du milieu du XVIe siècle pour compenser l’épuisement des forêts de la couronne parisienne (Bravard, 1999). Le bassin de l’Yonne permettait d’atteindre la Seine, et ainsi de livrer les bois à la capitale. L’Yonne, la Cure et le Cousin furent les trois cours d’eau au cœur de l’activité du flottage en Morvan.

Le bassin de l’Yonne au XVIIIe siècle était exploité dans des proportions inégalées en France et peut-être en Europe, tous les autres usages de la rivière lui étant parfois subordonnés (Poux et al., 2011). Aux XVIIIe siècle et XIXe siècle, l’extraction fut la plus intense : en 1840 l’Yonne a transporté entre 700 000 et 750 000 stères de bois pour répondre à la demande exponentielle de la ville de Paris (Bravard, 1999). L’exploitation quasi-industrielle (figure 3) des massifs forestiers pendant presque trois cents ans a engendré différents types de structures et de modelés associés qui persistent dans le paysage du Morvan.

Jusqu’à présent les travaux concernant le flottage du bois se sont focalisés sur les aspects socio-économiques, ethnologiques et l’histoire des techniques (Bourquin, 1969; Boissière, 1993 ; Buridant, 1999 ; Fabre 2017).

L’impact environnemental du flottage n’a pas encore fait l’objet de recherches (Jacob-Rousseau, s.p.) alors que le PNR du Morvan fonde sa communication sur la « naturalité » supposée de paysages préservés de l’impact anthropique. Les conséquences morphogéniques de puissants lâchers d’eau réguliers, effectués plusieurs fois par hiver pour faciliter le transport des bûches (Poux et al., 2011), sont un des processus à l’origine de la modification de la trajectoire paysagère des fonds de vallées.

Cependant, on a actuellement aucune information sur les occurrences, les récurrences et les rythmes (lents - toute la durée du flottage - ou rapides - quelques décennies) des modifications provoquées par ces activités.  De plus, aucune étude n’a été réalisée concernant la trajectoire environnementale du milieu depuis le phénomène de déprise.

Objectifs

Le Morvan est un laboratoire idéal pour étudier les conséquences environnementales des procédés révolus d’extraction et de première mise en circulation du bois (débusquage, premier stockage, débardage et première mise à l’eau). Nous souhaitons dès lors questionner l’état, le statut et le rôle des modelés anthropogéniques au sein de la matrice paysagère des hauts-bassins de l’Yonne, pour déterminer leur incidence environnementale. Dans le cadre du PNR, ces modifications anthropiques à l’interaction entre les aménagements liés au flottage et les processus bio-physiques, seront analysés en tant que patrimoine géomorphologique jouant un rôle clé dans la compréhension de la trajectoire du paysage et comme un « géo-héritage » (Erikstad, 2013) à mettre en valeur.

Bibliographie succincte 

BRAVARD J.-P. (1999). « Le flottage du bois et le changement du paysage fluvial des montagnes françaises », Médiévales, n°36, Le fleuve. pp. 53-61.

CAUUET B. (2005). « Les mines d’or antiques d’Europe hors péninsule Ibérique. État des connaissances et travaux récents », dans Mines et métallurgies dans l’Antiquité. État des recherches – Dossier thématique, Pallas, 67, Toulouse, pp. 241-291.

ERIKSTAD L. (2013). « Geoheritage and geodiversity management – the questions for tomorrow. » Proceedings of the Geologists’ Association, Vol. 124, No. 4, p. 713‑719, juin.

JACOB-ROUSSEAU N., GOB F. (sous presse). « Leflottagedubois et ses conséquences écologiques, de l’Antiquité à l’époque contemporaine. Problèmes,matérieletméthodespourune contribution à l’histoireenvironnementale. » In A. Baud, A. Schmitt et G. Charpentier (dir), Chantiers et matériaux de construction de l’Antiquité à la Révolution industrielle, MOM Editions.

NUNNIGER L., FRUCHART C., OPITZ R. (2010). « LiDAR : quel apport pour l’analyse des paysages ? » Bulletin AGER, pp.34-43.

POUX A.-S., GOB F., JACOB-ROUSSEAU N. (2011) « Reconstitution des débits des crues artificielles destinées au flottage du bois dans le massif du Morvan (centre de la France, XVI e -XIX e siècles) d’après les documents d’archive et la géomorphologie de terrain. » Géomorphologie : relief, processus, environnement, Groupe français de géomorphologie (GFG), pp.143 - 156.

Rattachement
Université Lyon 2 : GHHAT - ED 483 - Sciences sociales
Date d'entrée
10/2019

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