UMR 5133

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Laboratoire Archéorient

Environnements et sociétés de l'Orient ancien

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MOHAMMADKHANI Kourosh

MOHAMMADKHANI Kourosh

MOHAMMADKHANI Kourosh
Catégorie
Chercheur associé
Coordonnées

Archéorient MSH Maison de l'Orient et de la Méditerranée 
7, rue Raulin, F-69365 Lyon cedex 07 
E-mail : kourosh.mohammad[at]mom[dot]fr

Thèmes de recherche

Période Achéménide, Géophysique, Architecture, Urbanisme, Moyen-Orient

Date de soutenance
26 avril 2014
Directeur de thèse

Remy BOUCHARLAT
(Tuteur : Christophe BENECH)

Thèse soutenue

L'urbanisme des villes achéménides : Reconnaissance de surface et prospection géophysique à Dahaneh-e Gholaman (Sistan, Iran)

Résumé de la thèse

 

Durant le siècle dernier, les recherches archéologiques sur la période achéménide en Iran se sont concentrées sur des sites monumentaux tels que Persépolis, Pasargades ou Suse. Les approches étaient souvent guidées par les textes anciens concernant l'apparat et la fonction symbolique de ces capitales entre 550 et 330 av. J.-C. Pour les marges de l'Empire et en particulier sa partie orientale, les textes anciens restent quasiment muets quant à l'existence de villes à la période achéménide. Plusieurs centres administratifs régionaux ont pu cependant pu être identifiés grâce à des études archéologiques de terrain. Ainsi il est possible de citer Kandahar (Afghanistan) ou Akra (Pakistan) comme de possibles capitales de satrapies et bien entendu d'y rajouter Dahaneh-i Gholaman à l'Est de l'Iran, sujet principal de cette recherche.

Dahaneh-i Gholaman (la porte des esclaves) est situé à 44km de Zabol dans la province du Sistan – Baloutchistan à l'est de l'Iran. Umberto Scerrato, qui a conduit des prospections de surface et des fouilles sur le site entre 1962 et 1965, a émis l'hypothèse qu'il s'agissait là des vestiges de l'ancienne Zarang, capitale de la satrapie de Drangiane connue par les textes achéménides.
Entre les années 2000 et 2006, de nouvelles fouilles, ainsi que des prospections, ont été entreprises par Seyed Mansour Seyd Sajjadi en coopération avec une équipe du Centre Iranien de Recherche Archéologique. Cette nouvelle étude a permis de confirmer que les vestiges découverts à Dahaneh-i Gholaman remontent sans exception à l'époque achéménide, aucune autre période d'occupation n'a pu être relevée. Les prospections de surface ont permis de déterminer que la surface occupée par la ville avoisinait les 100ha. Les différentes fouilles ont permis de mettre au jour les vestiges de 27 bâtiments complets, leur implantation semblant respecter pour tous un alignement prédéfini. Ce plan très régulier est probablement le résultat d'une planification de la fondation de cette ville par un gouvernement puissant.

La première interrogation concernant le site de Dahaneh-i Gholaman concerne son caractère urbain. S'il s'agissait d'un centre urbain quel était le plan d'urbanisme, l'organisation des bâtiments et la fonction des différents espaces ? Quelles étaient les fonctions des bâtiments et des divers aménagements ? Est-ce que l'implantation à Dahaneh-i Gholaman correspond à un modèle d'occupation typiquement achéménide ou plutôt régionale ? Pourquoi a-t-on choisi de bâtir une ville à cet endroit, dans une région aride du sud-est de l'Iran ? Quel a été l'étendue du réseau d'irrigation et d'adduction d'eau probablement dérivée de la rivière voisine ? Enfin une méthodologie essentiellement basée sur l'emploi de techniques géophysiques est-elle à même de répondre à ces différentes interrogations ?

Dahaneh-i Gholaman étant très étendu, il est clair qu'une étude de l'urbanisme à travers les seuls résultats de fouilles archéologiques prendrait de nombreuses années. Les vestiges d'époque achéménide sont proches de la surface et la ville n'a pas connu de réoccupation, il s'agit donc là d'un terrain idéal à la mise en œuvre des méthodes non destructives de prospection telles que les prospections géophysiques. Les techniques géophysiques peuvent donner des plans d'occupation très précis des structures sous-jacentes. Associée à des relevés topographiques précis, elles permettraient d'obtenir très rapidement une carte détaillée des vestiges de la ville enfouie. Sans l'aide d'aucune fouille supplémentaire, les prospections géophysiques (magnétiques, notamment) sont susceptibles de donner des résultats importants concernant le plan d'urbanisme de cette ville, peut-être le seul exemple d'urbanisme achéménide complet connu jusqu'à présent.

La priorité de cette thèse est premièrement de reconnaître les limites de la ville, deuxièmement de repérer les plans des bâtiments enfouis qui n'ont pas encore été fouillés, finalement d'essayer d'étudier leurs interrelations et d'interpréter leur fonctions. Il est de plus assez urgent de mener à bien ces recherches de terrain car le site est menacé par la construction de deux barrages sur le cours de la rivière voisine dont la mise en eau risque de faire monter le taux d'humidité du sol et ainsi endommager irrémédiablement les structures.

Rattachement
Université Lumière-Lyon 2 : Faculté de GHHAT - ED 483 - Sciences sociales - Doctorat Langues, Histoire, Civilisations des Mondes Anciens

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