UMR 5133

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Laboratoire Archéorient

Environnements et sociétés de l'Orient ancien

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PROGRAMME IMPULSION 2018

PROGRAMME IMPULSION 2018 - L' OASIS OUBLIEE DE KAYRIT (OUZBEKISTAN)

 L’Oasis oubliée de Kayrit (Ouzbékistan). Mission archéologique franco-ouzbèke de Bactriane Protohistorique.
Projet Impulsion 2018 - IDEXLYON
Porteur : Johanna Lhuillier

Fig. 1 : Localisation de l’Oasis de Kayrit (carte modifiée d’ap. Stančo 2016)

Fig. 1 : Localisation de l’Oasis de Kayrit (carte modifiée d’ap. Stančo 2016)

Ce projet a pour objectif d’étudier les dynamiques de peuplement dans une région choisie de Bactriane ancienne, l’oasis de Kayrit (vallée de Pashkurt, province du Surkhan-darya, Ouzbékistan), à une période donnée, l’âge du Fer ancien (2e moitié du IIe mill. av. n.è.). Le choix de cette zone totalement inexplorée précédemment s’est fait suite à la découverte fortuite en 2014 d’un premier site de cette période, Burgut Kurgan, par nos collègues de la mission tchèque en Ouzbékistan (dir. Ladislav Stančo et Sh. Shajdullaev), débouchant dès 2015 sur une collaboration étroite.

Depuis lors, deux campagnes de fouilles menées conjointement (financements Mission tchéco-ouzbèke, Délégation archéologique française en Afghanistan, Fonds Khéops pour l’archéologie) ont livré de premiers résultats prometteurs. En parallèle, la prospection de l’Oasis de Kayrit a révélé une occupation totalement inédite : pour la première fois, des sites de de l’âge du Fer ancien sont documentés en zone de moyenne montagne (contreforts des monts Kugitang, 850-1000 m d’altitude), alors que l’ensemble des sites connus jusqu’à présent se trouvait en zone de basses vallées. De plus, ces sites présentent une configuration unique en Asie centrale puisqu’ils sont occupés durant cette seule période, permettant pour la première fois de la documenter sans crainte de perturbations chronologiques.

Avec le soutien du programme « Impulsion », la mission archéologique franco-tchéco-ouzbèke peut se développer sur une base tripartite, impliquant l’Université d’État de Termez (département d’Histoire de l’Ouzbékistan et d’Archéologie) pour le côté ouzbek (dir. Sh. Shaydullaev), l’Université Charles de Prague (Institute of Classical Archaeology) pour le côté tchèque (dir. L. Stančo) et le CNRS pour le côté français.

Les travaux sont consacrés sur le terrain à l’exploration des sites de la transition entre l’âge du Bronze et l’âge du Fer de l’Oasis de Kayrit. Plusieurs axes de recherche sont privilégiés : la caractérisation de la culture matérielle durant l’âge du Fer ancien ; l’étude des établissements et des habitats ; l’étude des dynamiques de peuplement et la reconstitution du paysage culturel ; l’étude des économies de subsistance des populations de l’âge du Fer ; le raffinement de la chronologie. Nous adoptons une approche croisée mêlant la poursuite de la prospection pédestre de l’Oasis (cartographie des sites), une prospection magnétique sur certains sites, une fouille extensive sur l’un des sites, accompagnée de sondages ponctuels sur d’autres sites ciblés, l’étude des assemblages matériels et bioarchéologiques, des études paléo-environnementales et un volet de datations radiocarbones.

Les étudiants des trois pays concernés seront étroitement impliqués à toutes les étapes de la recherche. Ceux de l’Université de Termez y trouveront l’opportunité de se familiariser avec les travaux de terrain et de post-fouille, très peu enseignés par l’université elle-même, mais qui dispose d’un département d’archéologie en pleine expansion, en particulier sur le site de Kayrit-Tepa qui servira de chantier-école. L’équipe tchèque comprend également des étudiants en Master et en Doctorat qui viennent approfondir leur connaissance de l’Asie centrale. Les étudiants de l’Université Lyon 2 et autres institutions intéressés par l’archéologie proche-orientale y trouveront eux aussi un terrain propice à leur formation, particulièrement dans un contexte géopolitique qui voit l’accès au terrain se restreindre dans de nombreux pays.

 

Fig. 2 : Vue panoramique d’un des sites recensés (© J. Lhuillier)

 Fig. 2 : Vue panoramique d’un des sites recensés (© J. Lhuillier)

 

 

Portrait de Johanna Lhuillier, lauréate de l'appel à projets IMPULSION 2018.

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