UMR 5133

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Laboratoire Archéorient

Environnements et sociétés de l'Orient ancien

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AYEB Loubna

AYEB Loubna

AYEB Loubna
Catégorie
Doctorant
Coordonnées

Laboratoire Archéorient
Maison de l'Orient et de la Méditerranée 
7, rue Raulin, F-69365 Lyon cedex 07  
E-mail : loubna.ayeb[at]gmail[dot]com

Thèmes de recherche

Epigraphie, Assyriologie, Histoire de la médecine

Directeur de thèse

Philippe ABRAHAMI

Thèse en cours

Les incantations thérapeutiques mésopotamiennes du 3ème au 1er millénaire av. J.-C. : entre magie et médecine.

Résumé de la thèse

La pratique de la médecine en Mésopotamie semble avoir été extrêmement développée et complexe, et nous a livré des textes diagnostics et pharmaceutiques, des prescriptions thérapeutiques, des incantations et rituels, des commentaires de textes médicaux. Les premiers textes médicaux, de même que les incantations, datent du 3ème millénaire avant J.-C. On en connaît également aux IIe et Ier millénaires, période à laquelle ils sont le plus nombreux. Cependant, les textes du Ier millénaire sont pour beaucoup des copies de textes plus anciens, ce qui peut rendre difficile l’étude de l’évolution des connaissances médicales en Mésopotamie.

 On peut séparer le corpus des incantations thérapeutiques mésopotamiennes en deux grands groupes : Premièrement, les incantations indépendantes. Ces incantations, que l’on peut trouver seule ou accompagnées d’autres incantations sur une seule tablette, étaient souvent organisées en grandes séries.  Il s’agit généralement de compositions longues et sophistiquées, rédigées en sumérien, en akkadien, ou dans un mélange des deux. Leur nature thérapeutique est indiquée par la présence d’une rubrique à la fin du texte, indiquant pour quelle maladie l’incantation devait être récitée. Le deuxième groupe est constitué des incantations intégrées aux prescriptions thérapeutiques, souvent plus courtes et plus simples. Il faut noter cependant que la distinction entre  les deux groupes n’est pas toujours très nette ; en effet, certaines incantations appartenant à des séries indépendantes sont parfois citées, in extenso ou juste par leur incipit, dans des prescriptions, à la suite d’instruction thérapeutiques (bains, potions, pansements, etc.).

 Parmi ces incantations, certaines sont spécifiques à une maladie, certaines à des groupes de maladies, et d’autres enfin s’adressent à une partie du corps malade (œil, dent, bouche, cœur, tête, etc.).

 De même que les prescriptions médicales, qui n’offrent pas toutes les mêmes remèdes pour les mêmes maladies, les incantations ne sont pas des textes figés. En effet, ces textes évoluent avec le temps, et il semble qu’il y ait eu une certaine perméabilité des motifs incantatoires : certains motifs semblent avoir été utilisés dans plusieurs incantations différentes, destinées à des maladies différentes. De fait, les incantations semblent avoir eu une structure composite, et avoir été « construites » à partir de motifs préexistants.

 Peu d’études mettent en relation le corpus des incantations et des textes médicaux. Nous chercherons donc à étudier le rapport qu’entretenaient incantations, rituels, et remèdes naturels dans la médecine mésopotamienne.

Nous chercherons donc dans un premier temps à retracer l’évolution des différents motifs présents dans les incantations, et à partir de là l’évolution de la structure des incantations elles-mêmes. Lorsque les sources textuelles nous le permettent, nous chercherons à voir quels motifs et thèmes étaient les plus populaires selon les périodes, mais nous essaierons également de comprendre ce qui a pu motiver leur choix : avaient-t-ils une nature complètement polyvalente, pouvant être employés dans n’importe quel contexte et pour n’importe quelle maladie ? Ou bien existait-il des ensembles fixes de formules correspondant à des contextes thérapeutiques particuliers ?

Dans un second temps, nous tenterons de replacer les incantations dans leur contexte thérapeutique, en étudiant les textes médicaux dans lesquels elles étaient citées comme faisant partie d’un traitement. Nous verrons donc pour quelle(s) maladie(s) elles étaient employées, en complément de quel type de traitement et/ou de rituels. Par cette étude nous chercherons à apporter de nouvelles informations sur les différents types de traitements offerts par la thérapeutique mésopotamienne, et sur la complémentarité de la magie et de la médecine dans les processus thérapeutiques.

 

Rattachement
Université Lumière-Lyon 2 : Faculté de GHHAT - ED 483 - Sciences sociales - Doctorat Langues, Histoire, Civilisations des Mondes Anciens
Date d'entrée
01/09/2015

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