UMR 5133

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Laboratoire Archéorient

Environnements et sociétés de l'Orient ancien

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BENJELLOUN Ghita

BENJELLOUN Ghita

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Catégorie
Ancien doctorant
Coordonnées

Archéorient MSH Maison de l'Orient et de la Méditerranée 
7, rue Raulin, F-69365 Lyon cedex 07 
E-mail : ghitab52[at]gmail[dot]com

 

Thèmes de recherche

Systèmes d'irrigation, Jardins, Proche-Orient

Date de soutenance
3 juillet 2013
Directeur de thèse

Remy BOUCHARLAT

Thèse soutenue

Entretien des jardins en Orient : les systèmes d'irrigation

Résumé de la thèse

L'histoire du jardin remonte à l'Antiquité ; la première mention d'un « jardin » date du IIIème millénaire av. J.-C., dans l'Epopée de Gilgamesh, où l'on décrit un parc. Les jardins de Sennachérib à Ninive (704-681) et de la dynastie achéménide à Pasargades (VIe siècle av. J.-C.) sont les premiers exemples de jardins royaux. Dans la Mésopotamie antique, les jardins symbolisent la puissance royale et martiale du souverain ; lors des conflits, le vainqueur coupe les arbres du jardin pour exprimer la défaite de son ennemi. Ainsi, on définit généralement le jardin ou le parc comme un espace clos où sont présentées des variétés de plantes et d'animaux. De ce fait, il est souvent associé à un palais ou à une propriété de luxe, car seule une personnalité puissante possède le pouvoir d'aménager un jardin de prestige. Ainsi le jardin devient un indicateur social, reflet de la richesse de son commanditaire, et cela grâce à la présence d'un élément : l'eau, et c'est là que réside le prestige ; celui qui apporte l'eau montre sa puissance.

En effet, l'eau est l'élément majeur pour entretenir un jardin ou tout autre type de culture. Son abondance peut déterminer l'évolution d'un peuple ; une civilisation riche est une civilisation qui a su dompter ses besoins pour pouvoir se consacrer au développement des autres secteurs. Etant donné sa rareté dans les terres orientales et les difficultés pour se l'approprier, l'homme a dû très tôt élaborer des systèmes d'irrigation variés pour se procurer l'élément principal de sa subsistance, et adaptable à son environnement. Au sens large, on définit l'irrigation comme « l'ensemble des méthodes permettant de conserver l'humidité du sol pour entreprendre une production végétale ».

L'Orient appartient au domaine aride : les étés sont brûlants et les hivers tièdes. La quasi-totalité du territoire reçoit souvent des précipitations annuelles inférieures à 100 mm. Le Proche-Orient est handicapé par une mauvaise répartition des précipitations dans le temps et l'espace, à savoir de faibles précipitations et une sécheresse estivale longue. L'absence de pluie et la rareté de l'eau rendent l'irrigation indispensable.

Le niveau technique semblait déjà être très élevé au Proche-Orient antique. Les peuples ont eu recours aux techniques complexes de barrages et de dérivations de grande portée. C'est donc sur une terre chargée d'histoire que la nouvelle civilisation islamique va se développer, héritant ainsi de la science de « peuples d'eau ». En effet, l'hydraulique arabe est un héritage antique et hellénistique, que ses ingénieurs vont essayer de développer. La période islamique se révéle riche en innovations techniques pour accroître le rendement agricole. C'est le temps des ingénieurs hydrauliques, l'âge d'or arabe (X-XIe siècle), c'est la période des « Mille et une nuits », conte fantastique qui reflète toute l'ingéniosité de ces mécaniciens hydrauliques qui inventaient automates, horloges et fontaines fantaisistes pour les jardins des califes. Le jardin devient alors concept, se modelant en fonction de son aménagement hydraulique, mais on retrouve néanmoins certaines bases incluant une organisation en parcelle – délimitée par des canaux d'irrigation – et une symétrie entre un pavillon et un bassin.

Ce sujet tente donc de mettre en relief l'ensemble des systèmes d'irrigation mis en place, pendant la période islamique (VIe jusqu'au XVI-XVIIIe siècle), pour les jardins de prestige ; de mettre en évidence les héritages du passé et les nouvelles inventions dues aux ingénieurs hydrauliques arabes, en présentant leurs travaux et leurs études faites sur les textes hellénistiques. Quels sont les systèmes que l'on privilégie pour l'irrigation d'un jardin ? Y-a-t-il eu des adaptations ? Nous découvrons qu'ils sont arrivés à renforcer et à augmenter l'efficacité de structures antiques, qu'ils maîtrisaient la pression de l'eau pour des jeux hydrauliques ; un niveau de technicité qui justifie la création de la célèbre académie des sciences à Bagdad au IXe siècle. Leur intérêt ne réside pas seulement dans leur efficacité de rendement, ces systèmes pouvaient s'adapter à différents types d'environnements, irriguant les lieux les plus reculés, alors que les nouvelles technologies se retrouveraient inefficaces et trop coûteuses. Ces systèmes d'irrigations sont souvent caractéristiques à des régions (comme les norias pour la Syrie et les qanat pour l'Iran). Cependant, leur utilisation montre une homogénéité dans l'ensemble des territoires islamiques ; ainsi nous allons découvrir que ces techniques vont se propager au-delà des frontières orientales, comme en Inde, en Afrique du Nord et en Andalousie. On doit leur pérennité à la simplicité de leur réalisation et de leur entretien.

Rattachement
Université Lumière-Lyon 2 : Faculté de GHHAT - ED 483 - Sciences sociales - Doctorat Langues, Histoire, Civilisations des Mondes Anciens

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