UMR 5133

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Laboratoire Archéorient

Environnements et sociétés de l'Orient ancien

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LAFONT Valentin

LAFONT Valentin

LAFONT Valentin
Catégorie
Doctorant
Coordonnées

Laboratoire Archéorient
Maison de l'Orient et de la Méditerranée 
7, rue Raulin, F-69365 Lyon cedex 07
E-mail :valentin.lafont[at]univ-lyon2[dot]fr

 

 

 

Thèmes de recherche

Néolithique, industrie macrolithique, pétrographie, tracéologie, Provence

Directeur de thèse

Eric Thirault (Professeur de Préhistoire Lyon 2, UMR 5133 Archéorient)
Suivi scientifique : Caroline Hamon (Chargée de recherche, UMR 8215 Trajectoires)

Thèse en cours

Les moulins va-et-vient dans l’organisation des sociétés néolithiques en Provence (6e-3e millénaire av. n.è.)

Résumé de la thèse

Les outils de broyage représentent une part importante des industries lithiques des sites préhistoriques. Ces outils sont utilisés dès le Paléolithique inférieur par des communautés nomades chasseuses-collectrices, mais les intentions de production et d’utilisation de ces outils changent pour les populations qui connaissent le développement de l’agriculture et de l’élevage ainsi que les premières sédentarisations. L’étude des productions et des fonctions de ces outils intègre les problématiques d’organisation des sociétés néolithiques.

Cette recherche porte sur la Provence où l’ensemble du « bagage néolithique » est simultanément diffusé depuis le bassin méditerranéen au 6e millénaire, avec l’établissement de villages, d’aires d’activités agricoles, de nouveaux réseaux de circulations spécialisés, le développement de l’économie de surplus et de la standardisation des productions, ou encore avec des innovations techniques comme les exploitations en carrières, le polissage de la pierre et la céramique. De récentes fouilles préventives entre les vallées de la Durance, de l’Arc et de l’Argens mettent en lumière la densité d’occupation de l’espace durant près de trois millénaires (6e-3e millénaire av. n.è.). Si des études de cas ont été réalisées pour le Sud-Est de la France, il n’existe encore aucune synthèse sur cette catégorie d’objet et leur place dans les systèmes techno-économiques des groupes néolithiques de la région.

La majorité des découvertes de moulins va-et-vient néolithiques en Provence a lieu en contexte secondaire dans les trous de fondation ou dans les fosses de rejet des maisons sur les sites d’habitat, ou encore en dépotoirs sur des grands sites de plein-air caractérisés par l’abondance des silos à grain remployés à cet effet. Une partie de ces outils, principalement les pièces fixes, est parfois retrouvée en contexte funéraire.

Les études pétrographiques, technologiques et fonctionnelles du macro-outillage lithique présentent plusieurs objectifs communs essentiels. Elles prennent en compte de nombreux facteurs anthropiques sur les objets (traces de formation géologique, de façonnage, d’utilisation, d’entretien et d’altération) et les restituent si possible dans les systèmes techniques auxquels ils appartiennent depuis l’acquisition de leur support jusqu’à leur abandon final. Ces systèmes sont conditionnés par plusieurs facteurs, comme la vie en communauté et les différents niveaux de relations sociales qu’elle implique ; comme le milieu et son économie ; comme les sens et les émotions ; comme les besoins physiologiques. Ces paramètres socio-culturels et environnementaux peuvent être en partie restitués par l’étude des outils de broyage et d’abrasion.

Développer un protocole de prospections et de collectes géologiques en Provence et comparer la pétrographie des roches brutes ramassées aux roches utilisées découvertes sur les sites archéologiques permettra d’établir la provenance des matériaux, de déterminer les qualités mécaniques et autres critères sélectionnés par les néolithiques pour le bon fonctionnement de leurs outils et de modéliser les circulations de ces matières depuis les gîtes vers les sites. Des expérimentations technologiques et des référentiels fonctionnels seront réalisés sur ces échantillons géologiques. Les techniques de façonnage reconnues seront décrites et comparées dans une base de données nationale (https://groupemeule.hypotheses.org/base-de-donnees-des-meules-va-et-vient) afin d’isoler les marqueurs culturels régionaux. L’analyse tracéologique, si réalisable, mettra en évidence les derniers fonctionnements des outils analysés. Ces informations sont déterminantes pour attester ou non l’exercice d’une activité, voire de spécialisations économiques sur les sites archéologiques. Dans le cas des découvertes en contexte secondaire, l’étude des outils de broyage renouvellera les interprétations fonctionnelles des structures remployées.

L’objectif principal de cette thèse est de prendre en compte dans les modèles proposés pour la néolithisation du Sud-Est de la France les technologies de broyage, d’abrasion et de percussion des sociétés néolithiques et les contextes où ils sont mis au jour.

 

 

 

 

Rattachement
Université Lyon 2 : GHHAT - ED 483 - Sciences sociales
Date d'entrée
10/2019

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