Aller au contenu principal

Programme PRIME - Batiscopie : Imagerie géophysique pour l’archéologie du bâti

2026 - 2027
Programme PRIME - Batiscopie : Imagerie géophysique pour l’archéologie du bâti

Nom du porteur : Christophe Benech, UMR 5133 Archéorient, CNRS Sciences humaines & sociales

Nom du partenaire : Cyril Schamper, UMR 7619 Métis, CNRS Terre & Univers

Le projet Batiscopie vise à explorer et à démontrer le potentiel des méthodes géophysiques pour l’étude archéologique du bâti, un domaine où ces approches restent encore peu exploitées. Alors que la géophysique est régulièrement utilisée dans un cadre patrimonial pour évaluer l’état de conservation des édifices (humidité, fissures, cavités), son usage pour analyser les phases de construction, les transformations architecturales ou l’organisation interne des murs est encore rare. Le projet s’inscrit dans la dynamique d’une thèse CIFRE (Archéorient – Éveha International) portant sur le géoradar appliqué au bâti.

L’objectif central est de tester de façon coordonnée trois autres méthodes géophysiques complémentaires au géoradar :

  • Thermographie infrarouge (passive et active) : détection de l’humidité, différentiation des matériaux de construction et des modules d’appareillage, détection des bouchages. La prise de vue par drone sera aussi testée ;
  • Électrostatique (hexapôle), capable de mesurer la résistivité et la permittivité électriques pour caractériser les matériaux, les zones d’humidité et les éléments enfouis dans les murs ;
  • Acoustique ultrasonique, adaptée à la détection d’hétérogénéités mécaniques, fissures, états d’altération et structures internes.

Ces méthodes seront confrontées afin d’évaluer leur pertinence selon les problématiques archéologiques du bâti : phasages, appareillages, connexions de maçonneries, matériaux employés, ouvertures bouchées, etc. L’analyse inclura la modélisation 3D et l’intégration des données dans des environnements HBIM pour croiser observations archéologiques et mesures géophysiques.

Le projet s’appuie sur trois sites expérimentaux choisis pour leur qualité de conservation, la diversité architecturale et la disponibilité des données archéologiques antérieures :

  1. Commanderie de Jalès (Ardèche) — architecture militaire médiévale, où les prospections géoradar ont déjà révélé des éléments internes inconnus ;
  2. Abbaye de Cluny (Saône-et-Loire) — architecture religieuse, où les galeries du cloître seront prospectées pour affiner l’étude des phases médiévales ;
  3. Citadelle d’Erbil (Kurdistan irakien) — architecture militaire et domestique en brique crue et cuite pour explorer les différentes méthodes sur ce matériau spécifique et très utilisé dans l’architecture orientale ;

Le consortium associe Archéorient (UMR 5133 - CNRS, Université Lyon 2), le laboratoire Métis (UMR 7619 - CNRS, Sorbonne Université) et Éveha International (maîtrise d’œuvre géophysique). Ce projet s’inscrit par ailleurs dans les expérimentations développées par le LabCom GEO-HERITAGE qui, depuis 2016, travaille sur l’adaptabilité des méthodes géophysiques pour l’archéologie et à l’émergence de nouvelles applications dans cette discipline.

L’objectif final du projet Batiscopie est donc d’établir les bases d’une nouvelle approche de l’archéologie du bâti, fondée sur l’imagerie géophysique haute résolution et intégrée à des modèles numériques complets des monuments.