La mission est financée par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, par Archeorient UMR 5133, l'Ifpo et l’université Lyon 2. BEKAع est une mission jointe entre la France et le Liban avec l’appui de la Direction Générale des Antiquités du Liban et avec l’université libanaise comme partenaire. Le projet CEDRE ‘Dynamiques et modalités d’occupation de la Bekaa Centrale’ réalisé entre 2018 et 2021 a donné lieu à la création de la mission BEKAع en 2022. Une première mission franco-libanaise « Dynamique de peuplement et modalités d’occupation de la Bekaa centrale et occidentale (Liban), (DPM Bekaa)» a débuté en 2020 pour deux ans avec un financement CEDRE PHC (Partenariat Hubert Curien franco-libanais mis en œuvre en France par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et au Liban, par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur). À la suite de deux années de prospection, nous avons choisi de continuer de travailler plus spécifiquement sur la région d’Anjar en raison, d’une part, de la découverte de sites bien préservés qui permettront de pallier le manque d’études archéologiques dans une région riche en vestiges du passé et, d’autre part, de la nécessité de sauvegarder et de promouvoir des sites du patrimoine culturel en danger de la Bekaa centrale, menacé par les projets de construction en cours. La mission archéologique franco-libanaise de la Bekaa Centrale, retenue en 2023 par la commission consultative des recherches archéologiques à l’étranger pour un financement du ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, a commencé ses travaux de terrain en juin 2023. Il s’agit d’une collaboration entre Archéorient, l’Université Lyon 2, l’Ifpo, l’Université Libanaise et la Direction Générale des Antiquités Libanaises (DGA). Les fouilles sont centrées sur deux principaux sites : Tell Deir Zanoun et Tell Salhiye/Chamssine.
- Salhiye/Chamssine
Tell Salhiye/ Chamssine est un tell de forme ovale, de 230 x 300 x 8 m (fig. 3) localisé au nord-est de la ville de Anjar. Des vestiges de murs et des tessons de céramiques ont été documentés en surface. Les anciennes prospections datent le site du Néolithique, de l’Âge du Bronze et de la période romaine et médiévale (Copeland et Wescombe 1966 et Marfoe 1978). Ce site est menacé de destruction, car il se trouve en bordure de l’un des affluents du Litani (Ghzayel). Or il existe un projet de construction de barrage au nord du tell qui générerait un lac artificiel couvrant le périmètre du tell. Le site est actuellement sous la protection de la DGA, l’Office du Litani et de la municipalité de Anjar. La première campagne de fouille a permis de réaliser huit sondages sur différents secteurs du tell. Nous espérons affiner les datations des occupations et comprendre l’importance du site dans cette zone rurale de la Bekaa afin de pouvoir le préserver.